Isadora Pointet – Parcours Aïki

La danse, dès quatre ans
Commençant dans des conditions improbables (dans le sous-sol de gradins d’un stade de foot mal éclairé, sur du carrelage…), je commence la danse classique à l’âge de quatre ans.
Dès le début, je prends goût à l’étude posturale et à l’exploration des capacités du corps. Je grandis avec cette étude rigoureuse durant quinze années, auprès de différentes professeures. Je fais ici un hommage particulier à Mme Le Clanche et Valérie Marty.
En plus d’une musculature équilibrée, ces années m’ont permis de me construire une approche de la notion de centre (bien connue en aïkido) et de l’alignement corporel extrêmement précis et rigoureux que requiert la pratique de la danse classique sur pointe.
J’ai toujours plaisir à rapprocher cette pratique à l’art du sabre. En effet, elles nécessitent le même degré de précision millimétrée, corporellement parlant, mais aussi mentalement.
Depuis, je continue toujours la danse, mais moins formellement. Cela me fait tout de même travailler la notion de connectivité, de centre, de rythme, de « ki-no-nagare » et d’endurance.
L’aïkido, depuis 2011
En parallèle de ma formation de naturopathie, je commence l’aïkido de courant Iwama, à 20 ans en septembre 2011 avec Patrice Le Masson, à Auray dans sa salle de sport, juste après la naissance de mon fils. Je cherche à me consacrer du temps pour moi, puis à me chercher corporellement parlant dans une approche plus profonde, humaine et inconditionnelle.
Selon moi, le côté « inconditionnel » appelle nécessairement la capacité à faire face au côté martial de la vie. « Être prêt tout le temps, à tout et à rien ». Par instinct, le Budô faisait déjà partie intégrante de ma vision de la vie lors de mon adolescence, avant même de connaître un seul dojo.
Dès 2012, j’aménage au lieu-dit Kerplouz (espace-ressource communautaire qui hébergera par la suite le Sonkei Dojo). Je participe de 2012 à 2015 aux stages annuels organisés par Patrice pour Daniel Toutain à la Chartreuse, ce qui me fait connaître peu à peu une branche du groupe de pratiquants d’Iwama, de France et d’ailleurs.
En été 2014 Patrice cède sa salle de sport et le dojo perd son hébergement. Durant un ans nous pratiquons à la base aéronavale de Lann Bihoué, avec les soldats et les commandos. Outre le cadre militaire qui me déplaît franchement, force m’est de reconnaître qu’il génère une bonne ambiance de pratique : consciencieuse et concernée.
« Brec’h Aïkido »
En juin 2015 le bureau du dojo me nomme présidente, nous créons l’association « Brec’h Aïkido », et sur conseil de Patrice j’inscris le dojo à la FFAAA en mars 2016.
J’obtiens mon 1er Dan en août 2015 auprès de Daniel Toutain.
J’accueille ensuite chez moi les cours de Patrice de manière informelle dans un grand chalet de jardin, ce qui permet aux membres du dojo une continuité de pratique avant de finir l’année à la nouvelle salle omnisports de Brec’h qui ouvre en mars 2016. Je suis alors en couple avec Patrice depuis janvier.
Budô
En 2018, nous installons des tatamis chez moi sous un préau, et pendant 6 à 8 mois, je m’organise un entraînement quotidien qui varie entre aïkido, étirements, course à pied, et baignade dans l’étang. L’eau est froide en hiver, il faut bien se connaître pour pouvoir s’y baigner sans danger cardiaque, et je le fais plusieurs fois par semaine. Ma pratique prend un nouvel essor.
Des liens se créent au fil des années, tant à la ligue FFAAA de Bretagne qu’avec les dojos du groupe Iwama. Nous côtoyons Combourg, Liffré, Lannion, Rennes, Guerlédan, Guingamp, Concarneau ainsi que plusieurs dojos en région parisienne.
L’accueil par Patrick Fillon, président de la ligue Bretagne, se fait très humain, chaleureux et acceptant de notre pratique qui n’est pas du même courant. Cette transparence et ce respect m’apparaissent nécessaires, essentiels, et je prends plaisir à côtoyer une nouvelle ambiance de relationnel inter-dojos à travers un système démocratique, et non plus basé sur le fait de prêter allégeance à un seul « maître » (système par définition féodal). Je suis de nature loyale par un investissement de coeur que j’ai plaisir à mettre. Mais je me suis toujours refusé à perdre mon intégrité dans la soumission à quelconque phénomène d’emprise, si qualitatif techniquement et si beau parleur puisse être le personnage.
En octobre 2020, le comité directeur de la ligue me sollicite pour faire partie du comité directeur, mais je décline temporairement aux vues du travail à venir au sein du groupe en création.
Le groupe Wanomichi-Takemusu

Dossiers de grades du groupe Wanomichi Takemusu en 2021, il y a trois autres classeurs pour les dojos.
En 2021 je participe à la création administrative du groupe Wanomichi-Takemusu avec Patrice aux côtés de Daniel T. Patrice passe ses journées au téléphone avec lui, avec les instances fédérales et les dojo-cho. De mon côté, je collecte les dossiers administratifs des 33 dojos qui le composent. Me heurtant à de lourds défis de cohésion d’équipe et de démocratie, j’écris une charte étique basée sur les valeurs du Budô. J’aurais aimé la voir adoptée par le groupe (qui avait voté pour, et que je laisse depuis visible sur la première page de ce présent site).
Patrice s’occupe des 89 dossiers de grades et BF, et lui et moi passons six mois à temps plein pour contribuer à la naissance du groupe au sein de la fédération.
N.B. : il est souvent question de deux entités : un groupe Wanomichi et un groupe Takemusu, mais il n’a jamais existé qu’un seul groupe administrativement parlant. A fortiori, le fait est que techniquement, tous ces dojos se rassemblent autour de l’enseignement « Iwama » de Feu Morihiro Saïto Sensei.
Durant cette période éprouvante, Daniel valide mon 2e dan ainsi que mon brevet fédéral, et je me forme en parallèle à la préparation mentale.
Sonkei Dojo
C’est aussi la période de l’épidémie, et pas refus d’imposer le « passe » sanitaire, nous choisissons avec Patrice de quitter la salle municipale pour installer le dojo chez moi, au lieu-dit Kerplouz. Voici la naissance officielle du Sonkei Dojo.
Cherchant à participer à la vie de la ligue, nous fréquentons de plus en plus régulièrement les stages de ligue. Pour ma part, j’apprends plus de souplesse de pratique et d’écoute corporelle auprès de Farid Si Moussa, DFR.
Pour plus de traçabilité, voici les pages de mon premier passeport Aïkido :
Secrétaire de ligue
Je deviens secrétaire de la ligue Bretagne en octobre 2021, et je m’active à apprendre le fonctionnement fédéral. En 2022 se tient la première journée de ligue consacrée aux jeunes, et en 2023 le premier stage interdiscipline. La ligue est dynamique, créative, l’équipe est cohésive et démocratique, c’est un plaisir de s’investir dans une telle ambiance.
En parallèle je valide mon diplôme agricole du BPREA en été 2022, s’ensuivent pour ma part plusieurs épreuves familiales.
En 2024-25, je fais un burn-out suite à un parcours individuel très profond déclenché par une rencontre fondamentale qui s’accompagne de remises en questions intégrales. Nous nous séparons avec Patrice en juin 24, après huit ans. Comme j’ai toujours su faire la part des choses entre vie personnelle et aïkido, notre rupture ne perturbe pas le dojo et l’aïkido m’aide au contraire à tenir le cap.
En novembre 2024 je commence à donner les cours aux enfants au Sonkei Dojo. Sur l’invitation de Patrick Fillon, j’assiste à l’assemblée générale de la fédération le 24 novembre à Lyon, lors du changement de présidence.
Réorganisation
Je sors du burn-out en automne 25, et je consacre mes cours aux adultes débutants plutôt qu’aux enfants. Ceci en bonne entente avec Patrice qui en plus des cours du lundi et jeudi, assure de manière informelle des cours avancés réservés à certains pratiquants plus gradés.
L’ambiance d’échange autant que de finesse d’approche et de réciprocité sincère entre les différents participants de haut niveau au sein de ces cours redonne encore une nouvelle profondeur à ma pratique.
En parallèle, j’installe mon cabinet de massage naturopathique, reprenant mon axe central qu’est la pleine santé à travers la conscience corporelle autant qu’humaine (mentale et émotionnelle), autrement dit, la gnose.
* * *
Ceci pour témoigner de la sincérité de mon investissement pour la seule Voie que je connaisse réellement depuis le début : celle de la justesse, de l’honnêteté, celle de la totalité, et de la transparence la plus complète possible envers la Vie elle-même.
« Être centré, c’est simplement être pleinement fonctionnel. C‘est quand on arrête de s’empêcher, et qu’on s’exprime simplement depuis le vide paisible qui est au milieu; l’oeil du cyclone.
Ce vide est un potentiel infini. Naturellement créatif, par lui l’humain n’aspire qu’à s’exprimer légitimement dans sa vérité profonde. Un centre accessible, sans filtre, sans masque, avec la limpidité qu’exigent l’honnêteté et le courage d’un coeur que l’on veut pur »
Par Isadora P.
Vendredi 13 février 2026













