La confiance en soi #1 « Volonté »
En tant que pratiquante relativement jeune et avec une sensibilité aiguisée, à fortiori en tant que femme dans cette époque encore bien patriarcale, il me semble vraiment important de développer le thème de la confiance en soi qui est devenu un sujet phare en aïkido. S’il est devenu un slogan fédéral, c’est bien parce qu’il représente un enjeu psychoémotionnel qui correspond à une demande qu’on a besoin de creuser. Il est aussi un des axes de la préparation mentale. Ce sujet soulève non seulement des questions motivationnelles, mais révèle surtout des questions identitaires.
Délicatesse et discipline
La confiance en soi éclot petit à petit comme une fleur délicate par une action méticuleuse et répétée, et par la reconnaissance que l’on vient ensuite à s’accorder pour les progrès qui découlent de notre action. Celui qui sait être suffisamment méticuleux et répétitif dans sa pratique, et qui arrive ensuite à reconnaître ses progrès, sait prendre confiance en lui.
En effet, c’est au sein d’une pratique à la fois mesurée et régulière que démarre peu à peu une dynamique nouvelle, un champ d’exploration encore vierge, d’autres perspectives, un nouveau spectre de possibilités.
Tout commence par un rêve
Certes, il est important voire primordial d’avoir un objectif phare un peu secret, un idéal rêvé à la Georges Lucas, du genre « je veux devenir un jedi ». Consciemment ou non, c’est parfois même cela qui nous donne envie de grimper sur le tatami pour la première fois… ou toutes les fois suivantes.
Je vous en prie, ne laissez jamais quiconque briser votre rêve d’enfant par cynisme – même si son discours est à la mode ! Car si vous savez bien utiliser cet objectif secret, il sera puissamment au service de la confiance et de l’estime que vous cultivez pour vous. On a tous (ou on a tous eu) un rêve secret ou des aspirations à un idéal, et à l’origine c’est véritablement porteur autant que précieux.
Objectifs justes, progressivité
MAIS cet idéal ne doit absolument pas être le seul objectif considéré au quotidien. Car cela briserait le rythme de progression par son côté potentiellement lointain : cet objectif phare sert principalement à donner une trame cohérente, à aligner tous les objectifs intermédiaires qui se situeront entre l’idéal à atteindre (disons « professeur d’aïkido » à la place de « jedi« ) et la situation actuelle (j’ai deux ans de pratique).
Il est important, raisonnable et constructif de ne considérer les objectifs que l’un après l’autre comme des panneaux sur la route. On ne marche pas jusqu’à Saint Jacques de Compostelle en pensant chaque jour seulement à la cathédrale. Il est désormais communément reconnu que c’est non seulement la préparation, mais surtout le cheminement, l’enjeu réel du pèlerinage.
Cerveau droit, cerveau gauche
Autant la spontanéité, l’improvisation et l’ouverture au monde (vision large de l’artiste, synthétique, cerveau droit) est porteuse dans une situation où on se sent déjà talentueux (et donc libre), autant on a besoin de clarté, de rationalité, de garanties, de rigueur et de discipline (vision étroite du comptable, séquentielle, cerveau gauche) pour débuter dans un nouveau domaine. On a alors besoin de sécurité car on se sent fragile, vulnérable, inopérant.
Ce n’est pas grave, c’est au contraire un véritable point de départ.
Il est en effet vraiment courageux de savoir prendre conscience de son inexpérience, et ensuite de marcher vers elle pour la combler.
Lister/conscientiser
Nous arrivons donc à la nécessité d’établir une liste d’objectifs. Ils doivent être à la fois valorisants mais atteignables. Cette liste doit venir de votre ventre avant de venir de votre tête. Elle sera plus efficace à mesure qu’elle est ressentie plutôt que pensée. De plus, elle sera évolutive au fil du temps et des étapes atteintes. J’en cite ici plusieurs pour l’exemple, mais évidemment ce n’est pas exhaustif ni formel. Vous considérerez non seulement vos propres besoins avant toute théorie, mais vous vous sentirez aussi plus motivés en ne regardant que vos deux ou trois premiers objectifs avant de vous sentir concernés par la suite.
- contacter un dojo (c’est une première victoire)
- venir au dojo (deuxième victoire)
- m’inscrire au dojo et venir de temps en temps : il est encore inutile de dire ici « je viendrai tous les jours, promis ! » car un engagement trop précoce nous fragilise en cas de relâchement. Ceci peut même tristement générer un abandon. Au début, tout est très fragile comme un bourgeon au printemps. Il faut vous respecter en cette fragilité : personne ne vous demande de casser la baraque dès le premier jour
- revenir en janvier (étape sensible, difficile, surtout après les chocolats de Noël)
- terminer l’année et reconnaître ses progrès
- apprendre à repasser son kimono (et à mettre du blanchisseur dans le lave-linge : )
- terminer la deuxième année en étant venu plus souvent
- commencer potentiellement des stages extérieurs (oh là là)
- continuer, simplement, tel quel, encore un moment, et stabiliser ses acquis, changer de kimono et opter pour un en coton…
- être présent au forum des associations, parler de la pratique autour de soi…
- …
(1000. objectif secret : devenir professeur/samouraï/jedi )

L’importance du compliment
D’ici à notre idéal, chacune des petites étapes validées constitue une victoire à célébrer. Et chacune de ces victoires sera ensuite importante à se remémorer lors d’étapes difficiles ultérieures. « Comment c’était déjà, lorsque j’étais débutante mais que je me suis surpassée ? Ah, oui, je croyais que j’allais faire une syncope… Et puis j’ai quand même passé mon grade devant tout le monde, et j’ai même reçu les félicitations du public… »
Aujourd’hui, j’ai peut-être le même trac. Mais le fait de me remémorer mon sentiment de réussite passée me solidifie. Cela nourrit mes racines et me consolide sur mes appuis intérieurs (mentaux et émotionnels). Il faut un peu de prétention, pour prétendre grandir… Attention, point trop n’en faut, mais tant que cela n’évolue pas vers l’orgueil, cela reste tout de même le premier moyen pour se redresser et avancer.
Il s’agit d’apprendre à s’auto-complimenter sincèrement en reconnaissant soi-même ses progrès avec honnêteté.
En effet, l’humilité réelle ne réside pas dans la fausse modestie, mais dans la capacité d’apprentissage. Être humble, c’est apprendre. Apprendre, c’est être humble.
Enfant/ado/adulte
Souvent on dit que le débutant en aïkido (ceinture blanche) est comme un enfant. Le passage à la ceinture noire ressemble à l’adolescence, et les dan qui suivent écrivent ensuite la maturité du parcours. Donc en tent que débutant, il faut savoir se prendre soi-même par la main, un peu comme on le ferait avec un enfant. Et cela ne doit pas être perçu comme un jugement de votre valeur fondamentale, mais au contraire comme une façon de prendre votre vie en main. En effet, il s’agit d’accompagner les parties de vous qui sont encore fragiles. Vous aurez moins besoin des autres à mesure que vous vous rendrez capables de vous solidifier par vous-même.
Voici là la nature même de l’esprit martial et l’esprit de résilience : nous servir de la présence de l’autre en face qui est comme un miroir (voir article : la combativité intelligente), pour marcher vers notre propre faiblesse pour la conscientiser pleinement et la corriger ensuite par nous-même.
» Bienvenue au club !! Ganbatte kudasaï !!! «
Découper encore davantage les objectifs
Et il existe encore évidemment beaucoup d’étapes intermédiaires entre les exemples listés ci-dessus, et vous trouverez les vôtres en allant à la rencontre de vos besoins réels en termes de solidification intrinsèque, d’estime de soi, et de sécurité émotionnelle, de rythme temporel.
De quoi ai-je vraiment besoin pour me sentir contente de moi, fière de moi, résiliente, fiable… valable ?
… suffisante pour mon auto-approbation intérieure ?
Auto-sabotage
Une question se pose : est-ce que je pratique parce que j’aime avoir le sentiment de progresser, ou parce que je ne supporte pas mon ignorance ? Est-ce que j’avance par fuite d’une souffrance ou parce que je me sens véritablement attiré vers mon idéal ? Est-ce de la peur ou de la joie ?
Savez-vous pourquoi les gens doués sont aussi souvent ceux qui abandonnent le plus facilement ? Parce qu’ils sont trop exigeants avec eux-mêmes. Et cela parce qu’ils se sont tellement habitués à leur excellence en un domaine précis qu’ils se sont de ce fait rendus incapables de côtoyer autre chose que leur talent, et qu’ils se sont mis à fuir leurs fragilités périphériques.
Or, un Budoka sait passer de ses zones de fragilité à ses zones de forces, et c’est justement en cela que se développe sa résilience à mesure qu’il cultive ce courage.
Devenir son propre allié
Etant très difficilement perceptible par les autres (qui ne connaitront jamais aussi bien que vous-même vos zones de talents ou de carence) vous voici de ce fait le premier à être en mesure de pouvoir reconnaître ce courage de vous-même, et en vous-même. Vous êtes donc courageux de reconnaître vos faiblesses, et il faut pouvoir vous féliciter lorsque vous constatez une erreur, justement parce que vous vous êtes rendus capables de la constater. Et ceci n’est rien moins que le témoin de votre force. Savoir faire pleinement face à sa souffrance (physique ou psychique), voilà une forme de réalisme constructif, de résilience toute martiale.
Mais encore une fois selon le bon rythme. S’il y a trop de critiques ou de problèmes soulevés en même temps, cela devient fragilisant. S’il y a trop de compliment, on n’avance plus. Il vous faut sentir quelles sont vos justes doses entre ces deux dynamiques Yin et Yang.
Minuscule mais capital
Donc ces petits objestifs quotidiens sont peut-être minuscules, mais ils sont d’une importance capitale, car c’est leur validation qui construit progressivement une estime de soi plus élaborée : j’ai appris une posture au dojo, donc je l’utilise et je me redresse. J’utilise ce que j’apprends. Je me l’approprie, le réinvente pour moi, le mâche, le digère. J’y pense de plus en plus souvent, même à la boulangerie (car une baguette de pain, c’est comme un jo…).
Ceci est encore une petite victoire, et il est nécessaire de le reconnaître. Et il en existera cent autres, au quotidien. Et si avec le temps, l’observation fine, vos lectures et votre cheminement intérieur vous concevez peu à peu, embrassez, pénétrez, déchiffrez, saisissez en quoi consiste vraiment le Budô, vous comprendrez que cette « Voie » peut réellement changer votre vie par la perception que vous en avez :
Vous passez alors de l’impression de la subir au sentiment de construire votre vie. Par choix, par valeur, par engagement envers vous-même.
Avoir tenu une promesse. Se sentir courageux, respecté, beau dans son corps et dans sa vie. Se valoriser non pour empâter l’ego mais plutôt par amour-propre. Tout ceci nous fait nous redresser et développer une saine fierté de soi par rapport à celui ou celle que l’on était, que l’on est aujourd’hui, et aussi que l’on devient.
Sentir qu’on évolue positivement vers un chemin que l’on a choisi, et entériner cette conscience par de petites mais nombreuses célébrations intérieures, voici une des clefs de la construction de soi et donc de la confiance que l’on se porte à soi-même.
MAIS il s’agit encore de ne pas brûler les étapes. Encore une fois, la patience est de mise, et le ralentissement est une clef. A bien y regarder, il s’agit simplement ici de prendre en charge son impatience.
« Mais ça ne va pas assez vite… »
Est-ce seulement de l’impatience, n’est-ce pas en réalité de la joie ?
C’est finalement un peu similaire : il y a quelque chose qui bout au fond de nous et on ne tient pas en place. Et cette ébullition sera d’autant plus grande que votre force vitale est vibrante.
Seulement voilà, si personne ne vous apprend à gérer la joie dans votre enfance, a fortiori si vous vous y êtes sentis rejetés, il faudra reconstruire cette sécurité émotionnelle à l’âge adulte. Car tôt ou tard, la pratique sur le tatami révèlera ce genre de carence. Toutes vos carences … 🙂
Et l’incapacité à gérer le bonheur, la joie et le pétillement de la vie, c’est bien plus courant qu’il n’y paraîtrait. Question provocatrice :
Savez-vous seulement être heureux ?
Même s’il est positif, gérer le sentiment d’enthousiasme, de pétulance sans pour autant se laisser emporter par une vague émotionnelle démesurée (ne plus savoir s’arrêter même en cas de blessure, aller trop loin dans une technique, ne plus savoir limiter ses explications…) est plus difficile qu’il n’y paraît. Comme pour une émotion négative, il s’agit de laisser cette vague nous traverser de part en part, sans perdre de vue notre point central qu’est notre conscience identitaire, nous y viendrons dans la partie #3 de cet article.
« Et lui, kotegaeshi, il y arrive mieux que moi… »
Pas de panique, vous n’allez pas vous construire dans le même ordre que votre voisin, même s’il a le même nombre d’année de pratique que vous. Vous aurez besoin de focaliser sur les pieds lorsque le voisin focalisera sur les épaules, ou l’inverse et peu importe : ce qui compte, c’est que vous vous sentiez conscient de ce qui est important pour vous en ce moment.
Vous ne pourrez pas être excellent en tous les domaines, et le tatami vous le montrera sans cesse, et il vous faudra l’accepter.
Doucement…
Plutôt que d’aller trop vite, il est en effet bien plus important de stabiliser les acquis, de s’assurer qu’ils sont bien valables avant de les imprimer dans son corps. Car au-delà de la perte de temps occasionnée, ce sera véritablement difficile de désapprendre un mouvement naturalisé en réflexe, si au bout de dix ans on se rend compte que c’était une erreur. Prendre le temps de savoir si je me sens à l’aise avec ce que j’apprends, comment et pourquoi cela me met à l’aise, voilà une bonne fondation pour la pratique à venir.
A mesure que vous apprenez, vous « cristallisez ». C’est relativement définitif, disons que cela coûtera beaucoup d’effort et de souffrance pour casser et reconstruire plutôt que de prendre vraiment son temps pour construire définitivement bien aligné dès le début.
Si vous êtes débutants, vous êtes encore peu formatés et malléables : c’est donc une aubaine ! Et c’est bien souvent ce que les hauts gradés ont perdu depuis longtemps et qu’ils cherchent désespérément à retrouver : cette fraîcheur et ce regard neuf. Cette impression que tout est encore possible et que tout un avenir s’offre à nous. Ces précieuses qualités se cultivent en pensant comme si vous montiez sur le tatami pour la toute première fois, et que vous ne connaissiez rien. Apprendre non seulement à garder, mais ensuite à valoriser cette innocence candide tout en aiguisant chaque jour en parallèle ses talents, c’est aussi cela le Budô, et en cela réside un paradoxe éternel avec lequel il faut savoir se trouver à l’aise.
Un pour cent
Donc que je sois débutant ou confirmé, lorsqu’en courageux budoka je marche vers mon ignorance, je comprends que je connais seulement 1% de la masse qui se présente à moi. Et que ce soit après une ou quinze années de pratique, cela peut toujours faire peur.
Mais 1%, c’est toujours 1% de solidité, et c’est bien ! C’est déjà ça. Et c’est suffisant pour aujourd’hui. Demain, je commencerai sans doute 2%, mais aujourd’hui, j’apprends à me satisfaire du 1%.
« Bravo, moi ! »
Savoir doser
La motivation apparaît à mesure qu’on perçoit l’objectif comme atteignable, mais la fierté de soi se développe par la difficulté de l’objectif lorsqu’il est atteint.
Il existe donc une juste tempérance à cultiver pour soi dans le choix de nos objectifs, car ils doivent rester porteurs mais gratifiants. Il doit exister un risque d’échec, sinon il n’y a pas d’enjeu. Mais il n’y a pas non plus de drame à créer, car cela deviendrait alors un piège qui se retourne contre nous-même. Ce drame, nous le créons pourtant à mesure que l’enjeu nous paraît important. Mais il perdra de son envergure par le découpage du parcours en étapes intermédiaires qui seront alors reconnues comme des accomplissements.
« Je fais ce que je peux, mais je le fais !
Je le fais, mais je fais ce que je peux. »
Le corps : un maître de plus
Même si mon merveilleux rêve me donne une brûlante envie de tout faire au plus vite, celui qui par la force des choses régulera ma force d’accélération en me cadrant par une nécessité de cohérence, de réalisme, et de discipline, c’est mon corps.
Et c’est lui qui me véhicule vers ma prochaine étape, et pas seulement mon enthousiasme. Une blessure est vite arrivée : le corps n’est pas remplaçable, il est sujet aux lésions définitives. Il ne sera jamais seulement l’outil qu’on voudrait bien croire. C’est un guide respectable, doué d’une intelligence physiologique (métabolisme), parfois même considérablement plus réaliste, bienveillant et rigoureux que le mental.
Il est toujours honnête, et il est donc un indicatif très précieux sur le chemin. Savoir écouter son corps sans le subir, traverser intelligemment la douleur sans générer de lésion, s’hydrater, se nourrir, avoir chaud, transpirer, chuter, se faire des bleus et des courbatures mais sans aller trop loin : accompagner consciencieusement son corps (en le secouant bien mais sans le briser) permet de devenir tout aussi consciencieux dans son cheminement intérieur. L’un fonctionne avec l’autre depuis toujours, et il est absolument irrationnel de les séparer comme la société occidentale des XIXe et XXe siècles a voulu nous le faire croire.
Si je chemine à l’intérieur, ça se voit dans mon corps. Si je développe mon corps, cela me fera cheminer intérieurement.
L’épreuve
Une fois la solidité suffisamment installée, l’épreuve se présentera d’elle-même sur le parcours… Et pas toujours quand on l’attend. Ce sera à travers un regard, un avis donné, un échange sur le tatami avec un nouveau partenaire, un nouveau dojo, un autre courant de pratique, un passage de grade.
L’épreuve confirme ou infirme la solidité intérieure qu’on a construite.
Discrète et farouche, la confiance en soi apparaît d’elle-même, naturellement, à mesure qu’on explore une succession de situations différentes dans le même domaine :
Si mon partenaire me déséquilibre ? C’est ok, j’ai su me repositionner.
S´il me surprend ? C’est ok, j’ai eu le bon réflexe.
S’il teste la cohérence de ma technique ? Zut, ce n’est pas brillant, mais je me sens quand même solide sur mes appuis.
S’il me fait douter de moi ? C’est ok, je ressens la cohérence de l’enseignement que j’ai reçu.
Et s’il ne me respecte pas ?
Non-respect versus confiance en soi
Le respect des autres ? Fausse question. La question est : est-ce que je me respecte assez moi-même ?
En soi… je n’ai pas besoin du respect de quelconque personnage en particulier pour savoir que je mérite le respect en général. Si celui en face me néglige (dans cette situation, ce jour-là, à l’heure de la digestion, alors même que son kimono semble trop serré, et qu’il pleut), c’est sa tourmente à lui et je n’ai aucune raison de m’y identifier vraiment. Voire même, si possible, j’ai de la compassion à développer.
Si c’est utile, je lui ferai comprendre que ce jeu-là ne prend pas avec moi. Mais toute colère ne ferait ici que confirmer l’influence ou l’emprise qu’il aurait sur moi, alors que je n’ai aucune raison de la lui accorder vraiment. En effet, dans le budô on cherche plutôt à générer les choses au lieu de les subir.
Toute la maîtrise réside alors dans ma façon de diriger utilement mon attention, ce sur quoi je focalise, sans gaspiller mon énergie.
Le respect ne se quémande jamais. Il s’organise de lui-même autour de la sérénité véritable de celui qui cultive pour lui-même un respect intérieur avant toute chose (et qu’il n’a donc pas besoin de montrer). Ceci se conçoit :
- à partir de la connaissance qu’on a de soi-même
- par la reconnaissance intérieure de notre valeur intrinsèque et fondamentale
- enfin par l’élaboration progressive de notre parcours et le passage des obstacles successifs qu’on y rencontre.
Il s’agit en effet d’identité : qui on est / d’ou on vient / ce qu’on a dans le ventre / ce dont on se sent capable et face à quelle situation.

A suivre…
Par Isadora P., le 2 mars 2026




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