Confiance en soi - Isadora Pointet

La confiance en soi #3 : Les ajustements

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Au fil de la construction intérieure que nous menons grâce à la pratique, tôt ou tard la confiance en soi génère inévitablement une forme de rayonnement. Il devient alors important de rester vigilant sur ce qui est généré, sur la façon dont les gens captent ce rayonnement, et le cas échéant, pourquoi le recherchent-ils. En effet, la croissance intérieure n’est pas dénuée de responsabilités. Nous sommes responsables de ce que nous générons autour de nous. Nous sommes tout aussi responsables de ce que nous laissons germer autour de nous. En effet, l’exigence monte à mesure de la maturité du parcours…

Permettre à l’autre de se construire

Plus le rôle du pratiquant évolue vers la position de référent, plus apparaît la nécessité de se rendre suffisamment consciencieux pour se sentir responsable de ce qui germe également dans son dos et derrière ses œillères… Le but étant de tout faire pour se rendre compte à quel point elles sont encore présentes, pour ensuite savoir régler leur degré d’ouverture.

A ce niveau plus avancé, le courage implique alors de promouvoir la confiance en eux des gens autour de vous avant de chercher à vous sécuriser vous-même. Il s’agit alors de prendre un risque. Car il devient visible que vous agissez pour redonner leur souveraineté aux gens, leur pouvoir, leurs responsabilités, tout en exposant de ce fait la vôtre. Un professeur qui sait se réjouir lorsqu’il chute parce que la technique de son élève devient efficace, aura dûment rempli son rôle de transmetteur.

Inviter au recul

A ce degré ou l’élève devient suffisamment autonome pour évoluer par lui-même, la tradition japonaise demande de faire comprendre à l’élève qu’il est l’heure de partir du dojo, ou de donner ses propres cours pour commencer à évoluer par lui-même (c’est la suite logique de l’autonomie déjà évoquée).

Il ne s’agit pas d’un abandon, bien au contraire. Il s’agit d’un recul nécessaire pour que l’élève commence la démarche de construction individuelle (individuation de Jung) dont il a été question dans la partie #2 de cet article.

Cela n’a rien à voir avec le fait de briser tout contact pédagogique. Certes, un recul nécessaire s’établit, mais le lien de complicité n’a aucune raison de se briser : au contraire, c’est là que potentiellement l’échange réel commence, par le développement progressif d’une dynamique de plus en plus égalitaire.

Car on n’entend que celui dont on pense être vraiment compris : pour cela il faut avoir suffisamment éprouvé chacun des deux rôles.

C’est alors au maître de s’identifier à ce qu’il a su transmettre à son élève : s’il a bien fait son œuvre, il a tout pour être serein et fier des deux.

Culturellement

Il est malheureusement nécessaire de briser un tabou gênant en ce qui concerne « l’excès de confiance » en soi – en réalité il ne s’agit pas d’un excès, car plus il y a de confiance, plus l’harmonie existe. Mais un excès de « persona », une fierté qui se base uniquement sur l’ego personnel et non sur le plan de l’intelligence commune, crée des dérives. Il devient alors nécessaire d’en discuter pour les conscientiser.

Remarquablement, deux mentalités se confrontent en permanence dans le monde de l’aïkido.

La mentalité Orientale

Basée sur une conscience collective elle part du principe que l’autre en face de moi a de bonnes raisons de faire quelque chose, même si je ne comprends pas tout de suite pourquoi. Cela induit un comportement de considération sincère de ce qu’est l’autre et de son message. C’est l’humilité à l’état pur, un état de réceptivité qui correspond à la dynamique du « yin ».

Règles et étiquette pour la pratique de l'aïkido

 

La mentalité Occidentale

Elle est inverse et se base sur l’individu, le libre-arbitre et la liberté. On part du principe que l’opinion de l’individu compte davantage dans la balance. C’est donc un état d’esprit « Yang » par excellence. La conséquence directe est que l’occidental remet plus facilement en question celui qu’il a en face. De ce fait, il aiguise donc son discernement, et son sens de la responsabilité.

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Côtoyer les deux, quelle aubaine !

Au lieu de créer un choc des cultures, ce qui au-delà « d’inventer inutilement un problème à l’eau parce qu’elle est mouillée », serait une profonde incompréhension des affinités réelles qui existent entre les cultures japonaises et françaises (qui se basent sur la sensibilité et l’intelligence du cœur) ; au contraire, utilisons la complémentarité de ces mentalités pour les alchimiser.

En apprenant à maîtriser les deux, nous nous rendons plus libres, conscients et adaptables.

Cependant, si nous « subissons » un enseignement sans prendre en compte qui parle à qui (oriental ou occidental) on se perd. Un oriental trouve tellement évident certains aspects qui lui sont culturels (comme le fait de ne jamais remettre en question le professeur lors de son cours) qu’il va être terriblement vexé si cette situation arrive, alors qu’un occidental pensera (sans l’avouer) « ah, un collègue… ».

Adaptation du discours

Et donc on ne peut pas enseigner l’aïkido exactement de la même manière d’une population à l’autre, car la tradition pyramidale d’une culture qui est prospère en son pays, devient une dérive dans un pays trop habitué à la démocratie et l’égalitarisme.

Il n’est pas acceptable, en France et au XXIe siècle, d’entendre un ancien débutant en aïkido dire « je suis parti(e) parce qu’on m’a interdit de poser des questions » (témoignage véridique, recueilli en 2025). Oui à l’étiquette japonaise intelligemment appliquée sur le tatami, non aux abus de pouvoir qu’elle induit à une population qui ne la comprend pas. Discuter en touriste sur le tatami est en effet dangereux martialement parlant, mais de là à interdire toute question, il y a un lien pédagogique nécessaire inutilement brisé quelque part.

Emprise

Ainsi il existe encore des dérives pédagogiques ou certains professeurs en France utilisent indument le système pyramidal pour se développer, et ceci engendre encore trop facilement en notre pays et époque un visible phénomène d’emprise, d’idolâtrerie ou de transfert affectif, et ces dérivent doivent alors être dénoncées. Qu’on se serve de la pratique pour se construire, oui. Qu’on en vienne à dire « c’est mon père spirituel et je lui dois tout », non.

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Vous vous devez tout à vous-même, puisque vous avez fait vos propres choix de vie par vous-même (Oui ?).

Le professeur également a fait son choix d’enseigner par lui-même. Tout le monde s’est mis d’accord pour évoluer ensembles, les uns avec les autres, mais personne n’est en dette de personne. Chacun reste pleinement responsable de son parcours et continue à faire ses choix de vie selon son discernement propre.

Cela n’empêche pas la complicité qu’il développe avec les autres, ou même une gratitude intense, bien au contraire ! Cela soulage les relations, justement, puisque chacun se sent capable par lui-même, responsable, vigilant et impliqué.

C’est encore cela, l’autonomie du Budoka.

Idolâtrerie

Cela rejoint ce qui précède, mais j’ajoute ici des précisions et les moyens de se sortir des ornières du phénomène d’emprise par la diversité.

C’est comme avec l’alimentation, la diversité crée la richesse.

Je ne parle pas ici d’éparpillement, et je valorise et applique la loyauté en tant que valeur éthique : loin d’être une prison elle est une permission mutuelle accordée avec joie. Un retour vers des racines qui ont su rester vivantes et prospères. La ferveur est tout aussi précieuse, tant qu’elle ne grignote pas la lucidité.

Comment différencier la loyauté de l’emprise ?

La question a déjà été évoquée : qu’est-ce qui vous motive :

La joie ou la peur ?

Ici, il me paraît important que chacun se pose honnêtement la question sur ce que les élèves s’empêchent de dire ou d’être, par peur et à cause du phénomène d’emprise qu’ils peuvent parfois subir sans vraiment s’en rendre compte.

Ceci car une emprise subie par le passé génère un comportement d’oppresseur ou de lutte de pouvoir. N’avez-vous jamais été pressant auprès de quelqu’un outre mesure ? Honnêtement, c’est ce qu’il se passe dès qu’il y a excès émotionnel inconsciemment projeté sur l’autre… Il est très difficile de se rendre compte de l’influence qu’on a sur les autres, vu qu’on n’est pas là pour les voir évoluer en notre absence, a fortiori si par fausse modestie vous sous-estimez la force que votre présence possède déjà.

Humilité sincère

Quiconque oublie de se poser régulièrement la question de l’emprise pour lui-même (avec l’humilité que cela nécessite) risque de la générer. C’est un phénomène réel et bien plus fréquent qu’on ne le pense. Il suffit parfois de décrocher un diplôme, un statut ou un grade pour avoir le melon…

Mais si vous craignez déjà de tomber dans cet engrenage ou de l’imposer sans le vouloir, c’est que votre démarche a déjà commencé à être saine. A l’inverse, si vous vous dites « évidemment, jamais je ne risquerai de tomber là-dedans ! » alors des questions sont à se poser sur ce qu’est une certitude aveuglante, le phénomène de déni qui s’y cache, et le mensonge qu’on vient à se faire à soi-même en fuyant l’inconfort psychique de soulever ses œillères. L’emprise est une question gênante pour tous, évidemment. Douloureuse, mais nécessaire. Il vaut mieux se la poser trop souvent que de générer aveuglément un phénomène sectaire.

Souveraineté

En tant que budoka, vous avez déjà conscience de la nécessité de rester souverain dans votre pratique, et vous cherchez donc à reprendre les choses en main.

Pour contourner le risque de fanatisme ou de faire de quelqu’un qui est important pour vous une idole démesurément influente, il s’agit de multiplier vos sphères d’influence. Et le cas échéant, d’encourager vos élèves à en avoir plusieurs également. Ou du moins, de reconnaître à quel point elles sont déjà très nombreuses.

La souveraineté individuelle se développe dans la multiplicité, soit dans le sentiment d’abondance de choix qui s’offrent à nous.

Cela rejoint l’idée de conscientiser vos racines fondamentales, mais selon une autre optique. Vous reprenez votre pouvoir à mesure que vous multipliez les sphères d’influence.

Premier stade

Il existe une belle image pour illustrer cette façon de penser dans la fleur de vie. En imaginant que chaque individu est un cercle, « je » me positionne comme le cercle rouge ci-dessous.

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Chaque individu qui se situe autour de moi a sa propre technique, enseignement, façon d’évoluer. Il constitue un cercle bleu-ciel (notons en a parte que chaque cercle a la même taille). La zone d’interaction entre lui et moi se trouve être la partie colorée en vert et représente notre interface d’échange. Il s’agit d’un moment ou d’une occasion où les deux partenaires se regardent évoluer l’un l’autre.

Les espaces d’interaction se multiplient à mesure que je côtoie plusieurs champs d’influence.

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La zone centrale en jaune est assimilable à ce qui est connu de l’ego.

Plus je laisse d’influence à l’autre en face, plus je l’écoute et le considère, plus je le laisse côtoyer mes fondements. Son cercle se rapproche alors de mon centre.

Se rapprocher du centre

Je ne peux pas laisser toucher ce centre que par des personnes d’une confiance absolue qui m’auront montré qu’ils peuvent respecter ma sécurité intrinsèque. Il peut s’agir d’une influence humaine, mais pas forcément. Au-delà de l’humain, c’est plutôt un principe : un héros, un livre, une musique qui vous met dans un certain état de conscience, une source d’inspiration secrète, une aspiration profonde, un désir de renouveau, un projet de vie…

Cela rejoint « le rêve » du début, et ce « jardin secret » constitue une base structurante qui peut être évolutive, mais qui appartient toujours à l’individu qui la cultive comme socle identitaire.

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Foncièrement, il s’agit d’influences plus théoriques que pratique. Prenons pour exemple : « J’aimerais avoir un sabre laser ! »

En parallèle, j’apprends l’art du sabre mais ce n’est pas exactement pareil car un laser n’a pas d’inertie. Cependant, la pratique au sabre me permet de côtoyer mon « cercle-orange-sabre-laser ».

Entre la théorie et la pratique la mayonnaise doit pouvoir prendre…

Préserver pour cultiver

Si je vous communique cet exemple pour cet article, c’est parce que je ne m’y identifie pas. Je ne vais pas partager avec des foules entières mes « cercles oranges » qui me sont bien trop précieux : pardon… mais tout au plus je les partage avec des gens qui me sont vraiment proches. Et ces gens m’auront montré au préalable leur capacité d’entrevoir le contexte général de ma vie sans me condamner à la hâte. C’est comme une boîte à sucre qui sert à l’enfant de boîte à trésor : offrir à tous le loisir d’avoir un avis sur ce qu’elle contient, ce serait comme ouvrir l’intérieur de son corps aux intempéries.

Dans le mille

Lorsque je deviens conscient.e de l’influence structurante de mes sources d’inspirations intimes (cercles oranges) et lorsque je me place par rapport à elles, je comprends que je ne suis pas « le cercle rouge »…

mais bien le point central qui génère le cercle rouge.

Purement ou symboliquement, il s’agit du cœur, « Shin ». Cette prise de conscience me permet alors de devenir sécure par rapport au fait que d’autres cercles d’influence pénètrent mon espace jaune du début, puisque ce point central ne fait qu’être effleuré, et qu’il reste en place.

De ce fait, à l’inverse d’une armure (exosquelette, conscience de l’insecte), la structure cohésive devient alors interne, comme une colonne vertébrale (conscience du vertébré). Ainsi, la surface de mon être devient souple, adaptable, et capable de réagir plus agilement à partir de ma structure interne. Comme cette base-source est intérieure, elle m’appartient et… à moins que je ne partage la même colonne vertébrale que quelqu’un d’autre – question existentielle assez rare – je ne peux jamais la perdre, cette structure identitaire, et donc cette confiance qui en découle.

… et le schéma ressemble alors bien plus à cela :

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Dès lors qu’il n’y a plus de lignes, il y a soudain beaucoup plus d’espace et de liberté de mouvement !

Cerveau droit/gauche

Dans la partie #1 de cet article, j’ai brièvement évoqué l’utilisation du cerveau droit et gauche par rapport au rythme pédagogique structurant ou libérateur qui nous appelle.

Dans la perspective des analogies avec la fleur de vie, le schéma avec les zones verte et jaune de la fleur de vie correspond à l’approche structurante d’une discipline rigoureuse et linéaire, et donc au cerveau gauche.

La deuxième optique avec les cercles orange considère beaucoup moins la notion de limite, puisqu’en réalité elle focalise sur l’existence d’un point et d’une zone d’influence devenue souple. Elle correspond à l’approche synthétique du cerveau droit.

En tant que budoka, comme évoqué tout à l’heure pour l’approche à travers la culture orientale ou occidentale, il nous faut pouvoir évoluer à travers l’une ou l’autre des deux optiques selon notre choix par rapport à la situation qui se présente. Soit j’aurai besoin d’un exosquelette-ego-armure protecteur qui s’exprime avec mesure, soit j’évoluerai à partir du plan du cœur et de sa structure interne qui s’exprime avec spontanéité.

Les deux doivent pouvoir être rapidement accessibles. Il est même possible d’avoir besoin de passer de l’un à l’autre entre le début et la fin d’une même phrase.

Confiance en soi - cerveau droit et gauche

Unification

Pour que cela puisse se faire, il devient nécessaire de développer la zone de communication entre vos hémisphères cérébraux droit et gauche. Il se trouve qu’un des huit exercices de méditation cités dans ce livre (mais pour une meilleure approche, je vous invite à lire celui-ci avant) rejoint une technique oculaire que pratiquaient les samouraïs sur les champs de bataille. Mais ce n’est là qu’un pont hardiment jeté entre les époques et les cultures. Et je vous laisse le soin d’en faire vos propres recherches en le domaine des perceptions fines que le corps humain devient alors capable de développer grâce à des conditions de rigueur et de discipline évoquées au début.

Les œillères

En porter n’est pas fondamentalement mauvais, puisque cela consiste à fonctionner sur le mode « focalisation » du cerveau gauche, linéaire, yang, et cette capacité de concentration est précieuse. Cela devient gênant lorsqu’on n’arrive plus  à changer de fonctionnement. C’est comme un muscle contracté : cela devient un problème lorsqu’on n’arrive plus à le détendre.

Oublier de se détendre, c’est courant… autant musculairement parlant que mentalement.

Donc se détendre, c’est respirer, défocaliser et ouvrir son regard. Et une chose précieuse qu’on puisse trouver dans cette dynamique devenue « Yin », c’est apprendre à considérer l’inattendu comme quelque chose de valable : l’inspiration…

L’inspiration : un oiseau en plein volConfiance en soi - Isadora Pointet

Voilà la porte ouverte à la créativité, et tout un nouveau monde de talents potentiels à explorer ou une nouvelle vie commence encore une fois. Et nous voilà revenus au début de l’article #1, ou même du #2 et c’est fait exprès : )

Car ce triple article n’est pas linéaire, mais circulaire ou même arborescent. C’est pour vous faire côtoyer la douce folie créative à cultiver autant qu’à canaliser : celle de LA JOIE.

A partir du moment où vous approchez régulièrement votre centre fondamental, et que vous parvenez à rester en joie (par la cohérence que vous créez entre votre centre et votre vie) les problèmes du monde vous dérangent de manière beaucoup moins fondamentale.

Le monde a cessé d’être votre monocycle à roue crevée, et il devient comme un tableau que vous trouveriez plus ou moins joli, sachant que vous avez tout autant la capacité d’apprécier le musée qui le contient, vos chaussures à vos pieds, et bien d’autres choses encore.

Tout est dit au début

Confiance en soiA cinq ans, je percevais mon prénom comme « circulaire » et j’étais scandalisée qu’il puisse « s’arrêter ». Alors je mettais une flèche pour le faire « recommencer » au début. Je refusais de mettre une majuscule, car j’avais la profonde conviction que « I » n’était pas véritablement le début, et « A » n’était pas non plus la fin, vu que tout « recommençait ». Il se trouve que c’est un principe dynamisant, comme l’est un vortex ou même un accélérateur de particules.

Vous aussi, à cinq ans vous connaissiez déjà tout ce qui est important pour vous.

Il s’agit simplement de le retrouver. C’est en vous, précieusement à l’abri de tout mans-que d’égard. Vous ne retrouverez l’occasion de côtoyer vos trésors intérieurs que lorsque vous aurez appris à les respecter, soit en les considérant avec la même force de conviction pure que celle des petits enfants.

 

Par Isadora P.,le 8 mars 2026

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